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Dialogue national : fin des ententes occasionnelles entre Pouvoir et Opposition ?

Les forces vives de la Nation sont appelées à un dialogue dont le lancement est prévu le Mardi 28 mai 2019. Cette initiative du président Macky Sall est un moment symbolique dans la vie de notre chère nation. Ce dialogue national doit permettre, en principe, un rassemblement de tous les sénégalais autour des intérêts communs. Cette pratique démocratique est aussi vielle que l’avènement de notre république.

En effet, le Sénégal est connu pour être un pays où la démocratie est portée par une longue tradition de dialogue. Malgré les nombreuses crises qui ont fait vaciller cette démocratie, le dialogue a toujours permis de sortir du méandre de l’arrivisme et des intérêts politico-politiciens pour laisser la place à l’intérêt général.  

En 1983, une bataille pour l’annulation des élections fut déclenchée par un front du refus spécialement créé pour l’occasion et composé du Rassemblement National Démocratique (RND) et du Parti Démocratique Sénégalais (PDS). Les deux leaders de ces partis, Cheikh Anta Diop et Me Abdoulaye Wade, sont convoqués pour dialoguer avec le président Abdou Diouf. Seul le second acceptera de répondre à cet appel. La situation se tasse et le calme politique revient sur la place publique.

Un nouveau front de résistance renait en 1988 suite à des dérives électorales ayant conduit à l’arrestation du leader de l’opposition d’alors, Me Abdoulaye Wade, et au décret d’un couvre-feu. Pour mettre fin à cette crise, le front des 11 tend une perche de revendications au président Diouf (organisation de nouvelles élections, libérations de Wade et compagnie, diminution des prix des denrées, etc.). Ce dernier, dans un premier temps, refuse de la recevoir et reste ferme sur sa position. Au mois de juillet de la même année, une table ronde est organisée autour de la révision du code électoral avec neuf (9) partis de l’opposition.

En 1993, l’assassinat de Me Babacar Sèye, à l’époque vice-président du conseil constitutionnel, donne naissance à une nouvelle crise dans le champ politique sénégalais. Le chef de l’opposition, Me Abdoulaye Wade, est encore arrêté et placé en garde à vue. Il est plutard libéré et rencontre le président Abdou Diouf pour dialogue sur la crise qui sévissait dans le pays. Un terrain d’entente est trouvé et Wade sera même nommé ministre sans portefeuille.

Ces quelques cas de dialogue entre pouvoir et opposition illustre éloquemment la portée d’une telle pratique démocratique dans la vie d’une république. Des décennies plutard, le président Macky Sall appelle au dialogue national, un dialogue ouvert à toutes les forces vives de la nation pour discuter des grandes problématiques de l’heure. Espérons qu’après cette date, que les ententes entre Pouvoir et Opposition soient durables.

Planète24.sn

Last modified onvendredi, 24 mai 2019 20:23