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Comment Sonko a gagné la région de Ziguinchor à la présidentielle du 24 Février 2019

Dès la publication des résultats confirmant la victoire d’Ousmane Sonko à l’échelle régionale, des acteurs de la scène politique l’ont interprétée sans aucun sens de la nuance ni du dicernement, comme étant la conséquence du vote affectif, identitaire, régionaliste…Point de vue que nous ne partageons guère.

D’un point de vue général, la région de Ziguinchor a une particularité lisible sur sa trajectoire historique : Une société acéphale, égalitaire, tolérante, vertueuse et qui incarne le refus, la résistance face à toute forme de domination ou d’injustice.

A titre illustratif, cette partie du pays est citée en référence en matière de tolérance : mariages mixtes (inter ethnique et inter religieux ; cimetières mixtes où chrétiens et musulmans acceptent d’être enterrés côte à côte ; populations polyglottes, car maîtrisant plusieurs dialectes ; aucune discrimination socioéconomique entre les hommes puisque la société est égalitaire.).

Cette forme d’organisation sociale fait que l’homme ne vaut que ce qu’il cultive : il n’ya ni contraintes ni atouts congénitaux. Les rapports sociaux sont horizontaux et non verticaux. L’individu ne peut formuler d’injonction ni de mot d’ordre vis-à-vis de son semblable. Les décisions sont prises par le groupe.

Ce bref rappel de la particularité d’une partie de la population casamançaise va peut-être  aider certains parmi nous à avoir une meilleure lecture de certains de ses comportements.

Comment une société présentant ces caractéristiques peut-elle être soupçonnée d’avoir une attitude intolérante au point de rejeter les autres candidatures au profit de celle supposée d’un de ses fils ?

Nous répondons que c’est simplement une vue de l’esprit, une déduction simpliste car mécanique.

L’histoire politique du Sénégal montre suffisamment que la région sud et particulièrement celle qui correspond à la Basse Casamance a toujours été le théâtre de bien de déroutes des pouvoirs .Les raisons évoquées relèvent de l’injustice ou de l’iniquité. Quelques cas peuvent être cités à titre illustratif : En 1978 Feu Laye Diop Diatta membre de l’UPS d’alors victime d’une injustice a rallié le PDS et remporté une victoire aux locales et est devenu un opposant maire de Oussouye.

En 1988, le même scénario s’est produit dans le département de Bignona où des supposées injustices dont une des tendances du PS aurait été victime ont permis au PDS (parti d’opposition)de remporter les élections législatives ; Ce même scénario va encore se reproduire lors des élections locales de 1996 où And Jef de Landing Savané (opposition)a gagné le département de Bignona.

Un autre exemple très récent : il s’agit des élections locales de 2014, où la coalition Benno Bokk Yaakar au pouvoir, a essuyé une lourde défaite au niveau des départements de Ziguinchor et d’Oussouye.Ces élections opposaient des fils du même terroir. Peut-on évoquer un quelconque argument affectif, identitaire ?

Lors des dernières législatives, Ousmane Sonko bien que tête de liste nationale de sa coalition et natif de Ziguinchor n’a gagné aucune collectivité locale de la Casamance. Il n’a obtenu environ que 5000 voix sur un total de 37000 voix. Est-ce à dire que les casamançais ne le portaient pas dans leur cœur ? Non !

Rares sont les collectivités locales qui défient l’autorité du pouvoir central (jusque dans un passé encore récent.). Tel ne semble pas être le cas en Casamance.

Les victoires aux élections municipales de 1978(à Oussouye) et aux législatives de 1988(Bignona) et celle de And Jef à Bignona lors des locales de 1996 ne peuvent être interprétées à partir d’une banale approche. C’est au contraire la preuve que les populations de cette partie du pays sont très sensibles à l’injustice et restent allergiques à toute forme de complicité ou de compromission.

En définitive, la percée de Ousmane Sonko à un niveau général et sa victoire dans la région de Ziguinchor doivent être perçues comme le fruit d’un travail qualitativement élaboré : C’est le sacre d’une offre politique en rupture totale avec des pratiques à l’origine des maux qui gangrènent notre cher Sénégal et qui sont à l’origine de notre mal développement.

Cessons de verser dans un chauvinisme aux antipodes de la moralité. Reconnaissons à Ousmane Sonko son mérite .Car dans l’histoire politique du Sénégal et de Ziguinchor en particulier jamais un leader n’a réussi un si important maillage politique .Les prédécesseurs de Ousmane Sonko en Casamance avaient des partis qui se confinaient dans l’étroit périmètre soit d’un village soit d’une commune, d’un département ou de la région.

Après seulement 60 mois d’existence, Ousmane Sonko est monté sur le podium national. C’est la preuve qu’il n’est pas une propriété des casamançais mais un patrimoine national et africain.

Ses idées ont fini d’irriguer bien des cerveaux et ouvrent de nouvelles perspectives pour le bonheur du Sénégal et de l’Afrique.

N’attendons pas sa mort pour reconnaitre sa valeur et sa pertinence (à travers les baptêmes d’édifices publics. une hypocrisie du reste caractéristiques des autorités sénégalaises. Il a fallu attendre la mort de Cheikh Anta Diop et tant d’autres, pour enfin reconnaître leur valeur).Encourageons le pendant qu’il est encore vivant. C’est tout le sens qu’il faut alors donner à celles ou ceux qui ce 24 Février 2019 ont voté pour ce plus jeune candidat à l’élection présidentielle. « Aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années. »

Abdou Sané ancien député

Conseiller Départemental de Ziguinchor

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Téléphone : +221701059618

Boucotte Sud Ziguinchor/Sénégal

Si nous doutons: voilà un petit guide pour choisir notre Président...

Nous n’avons que quelques petites heures pour faire notre choix. Mais avons-nous lu les 5 programmes des candidats qui ont parcouru le Sénégal pendant 21 pour  faire des « promesses » ou des « engagements » aux sénégalais ? Au-delà des propos de campagne, ces candidats nous ont livrés leurs programmes différents aussi bien dans leur forme que dans leur fond. Planète 24 décortique pour vous les orientations de leurs programmes pour vous aider à mieux choisir votre Président.

Macky SALL : Un avenir documenté…

 

En 56 pages, le programme  défendu par le candidat de Benno « Ligueyeul Euleuk » porte toujours le sceau de l’espoir… Dans sa vison pour le Sénégal, Macky Sall dit qu’il travaille pour l’avenir de la jeunesse… «Nous avons la responsabilité de léguer aux générations futures un pays prospère, par un eort individuel et collectif sur nous-mêmes. C’est ce qui me motive à rester dans le temps de l’action, en écoutant battre tout le cœur du Sénégal ; le cœur de nos villes et de nos campagnes, afin de poursuivre sans relâche la réalisationde notre objectif commun, pour bâtir un Sénégal uni et prospère, dans la paix, la solidarité, l’équité et la justice sociale : le Sénégal de tous, le Sénégal pour tous».

Son programme repose essentiellement sur cinq (5) grandes initiatives nationales pour construire l’avenir avec le fameux Programme Sénégal Emergent (PSE). Il s’agit du PSE jeunesse 2035, PSE économie sociale et solidaire, PSE société numérique inclusive, PSE reforestation durable du territoire national et le PSE cap sur l’industrialisation. L’APRiste ne veut pas manquer son rendez-vous avec l’avenir « Le Sénégal, notre pays, est dans une phase de transformation et de progrès que rien ne devrait interrompre ». Ainsi, partout où il va, il réitère ses promesses ou en faire de nouvelles notamment sur l’emploi des jeunes qui est un réel enjeu au Sénégal.

Idrissa SECK : un code bonifié

C’est lui qui présente le plus volumineux programme avec 147 pages. Idrissa Seck défini comme un stratège par les observateurs de la scène politique l’a démontré à travers son programme chiffré. Le fameux 1-3-15-45. Un message à décoder avec toutes les subtilités possibles.

Contrairement aux autres candidats, Idy nous présente son programme sous forme de codes, ce qui a fait l’objet de plusieurs questionnements sur ce que pouvait contenir ce 1-3-15-45 du REWMIste. Dans l’officialisation de son programme, il l’a démontré comme suit : 

1-Le chiffre un qui représente sa volonté de travailler pour le Sénégal en ces termes : « je veux que chacun de mes pas soit mesuré à l’aune de l’intérêt national du Sénégal. »

3- Le chiffre trois symbolise les trois piliers à savoir la gouvernance, l’économie et la sécurité, sur lesquels il fondera sa politique :

15- Le chiffre quinze, donne sens à la vision patriotique pour créer 15 types de Sénégal prospère, ambitieux, juste entre autres.

45- Et enfin le chiffre 45 qui capitalise la déclinaison de la politique une fois élu à la tête du Sénégal.

Ainsi, le programme de la coalition IDY 2019 est caractérisé par une redondance du mot SENEGAL (Sénégal prospère, Sénégal juste, Sénégal ambitieux, Sénégal équitable entre autres.).

Ousmane SONKO : un programme numérisé

Son statut du plus jeune candidat à cette élection présidentielle ne l’empêche pas de se tailler une place de choix dans l’opposition et de jouer au trouble-fête. En 17 pages, Ousmane SONKO dit toute sa volonté pour le Sénégal. Un populiste à l’image de Wade, il se fait remarquer par ses sorties fracassantes contre le système, faisant clin d’œil à la génération « selfie ».

Son programme est fondé sur une pensée numérique. SONKO, tout comme ses adversaires n’a laissé aucun volet en rade. De l’éducation avec la revalorisation de la fonction d’enseignant, en passant par l’agriculture, l’arche de guerre et à la souveraineté, il compte construire un système en proposant des solutions numériques.

De tout son programme, on voit que la notion de numérique occupe une place très importante dans les aspirations de SONKO pour le Sénégal : le numérique dans l’économie, le numérique dans le social, le numérique dans les assises juridiques. Conscient du développement du numérique au Sénégal et des perspectives de développement qu’offre aujourd’hui les ressources numériques pour la jeunesse et la réduction du taux de chômage, le leader de PASTEF décline d’ores et déjà sa vision pour le développement du numérique au Sénégal : « si l’économie du numérique concerne le secteur des TIC, l’économie numérique c’est l’usage pertinent du numérique au service de la création de valeurs dans les autres secteurs socio-économiques. »

Issa SALL, les valeurs « Pures » programmées en 4 pages

Du sang neuf PUR, voilà ce qu’Issa veut irriguer dans la sphère politique du Sénégal avec son programme décliné en 4 pages seulement. Peu connu de la sphère politique, il est néanmoins considéré actuellement comme l’une des grandes révélations de cette campagne présidentielle. Le constat est là ; il fait parti des candidats qui sont entrain de révolutionner le milieu politique. De ce fait, le noyau de son programme repose sur la notion de valeurs. Repenser et revaloriser nos valeurs pour garder l’ancrage traditionnel et faire face aux progrès de la modernité. Le programme de SALL pense aussi le désengorgement des filières littéraires, l’orientation d’avantage vers la technicité, l’apprentissage local d’un monde universitaire, d’asseoir une économie solidaire au niveau local et concurrentielle sur le toit international. Pour ceux qui appellent au changement politique, à une inclusion des classes populaires, à une adaptation aux valeurs endogènes, Issa SALL, l’homme souriant, offre, à sa mesure, sans doute avec quelques déficits des pistes de ce que pourrait devenir ce militantisme politique dans quelques années. Défiant tous ses autres adversaires de jurer de n’avoir jamais pillé les biens des Sénégalais, Issa se réclame un homme de sûres valeurs et PURes !

Madické NIANG : Un bonheur décliné en actions

Son programme est un programme de paix résumé en 5 petites pages. Avec Madické, rien que la paix ! Tout comme son slogan « jamm ak xeweul » (paix et prospérité). Il fait sa campagne autrement au point d’être la nouvelle coqueluche des réseaux sociaux en apportant la bonne humeur qui transparait dans l’intitulé de son programme. Bien que sa manière de battre campagne plane un peu sur l’humour, mais il n’en demeure pas moins que Me Madické Niang, le candidat « happiness » présente un programme riche et prometteur tout comme ses adversaires. Seulement qu’avec, le dialogue sera le fer de lance pour une paix durable. Instauré un climat de dialogue entre le gouvernement et l’opposition, convenir avec agents de l’administration des conditions d’un retour à la stabilité sociale. Il compte aussi impliquer toutes les parties prenantes et faire « en sorte que tous les sénégalais se sentent concernés et ayant conscience de la part qui leur reviendrait dans le pays : la chose la plus importante réside dans la promotion des valeurs du travail bien fait. »

Voilà en quelques lignes, les heureuses intentions des 5 candidats à la présidentielle du 24 Février. Elles nous conviennent ou pas, nous devons juste choisir le meilleur pour le Sénégal.

Issa FALL avec I.B.DIAGNE

 

Six programmes pour developper Kaolack selon le candidat Ousmane Sonko

Le leader du Pastëf s’engage pour six (6) programmes pour développer le Saloum. Pour le candidat Ousmane Sonko, ils sont nécessaires à l’émergence de la région de Kaolack..
 

Ces programmes s’articulent d’abord autour du dragage et de l’extension du littoral pour faciliter la navigabilité dans les eaux du Saloum. Un projet qui sera adossé à zone franche commerciale et une plateforme de redistribution et de transit dans le but de garantir le fonctionnement à merveilles des secteurs agricoles, commerciaux et le transport. C’est une volonté de faire de Kaolack une ville industrielle pour offrir une place à la transformation des produits tirés de l’agriculture, la pêche, l’artisanat entre autres et développer toute une valeur ajoutée dans la production de manière générale tout en offrant aux jeunes un emploi décent. Pour Ousmane Sonko, le potentiel industriel de la région de Kaolack est visiblement large si bien qu’il est possible aujourd’hui de faire de cette contrée un pôle industriel à côté du pôle commercial.
 
Le 3e engagement que Sonko a pris a trait à la réhabilitation du réseau hydraulique urbain. Une vision qui, selon lui, est assez mûrie pour régler et de manière définitive la problématique de l’eau, une question de santé publique, dit-il. Car, «rien ne sert à bâtir toute une modernité dans la ville de Diamniadio alors que, sur le terrain, les populations n’arrivent plus à faire éduquer et instruire leurs enfants, à bénéficier d’une prise en charge médicale adéquate et manger à leur faim et boire à leur soif. Ce sont là, les questions majeures qui intéressent le peuple sénégalais», estime-t-il. Sonko jure respecter ces promesses dès son élection à la présidence de la République.
Il s’y ajoute la reconversion de Kaolack en un creusée de l’intégration sous régionale et du brassage culturel. «On n’a plus le droit de penser développer le Sénégal à partir de Dakar. Kaolack est un melting-pot qui regroupe une diversité de nationalités à cause de la proximité avec la Gambie et le Mali. Nous avons pensé, dans notre programme, développer à partir de Kaolack un pôle qui va s’élargir jusqu’en Casamance. Et, à partir de là-bas, nous orienter vers la sous région pour pouvoir développer et surtout renforcer notre diplomatie avec les deux Guinées et la Gambie». Par conséquent, le candidat de la Coalition «Sonko président»  retient que «Kaolack doit surtout jouer un rôle de zone tampon entre le Sud et le reste du Sénégal».
 
En outre, Sonko se propose de restituer à cette région sa vocation de bassin arachidier. Ce volet, comme il le souhaite, débutera par une réforme foncière ambitieuse. Autrement dit, offrir aux exploitants de la terre, des papiers administratifs nécessaires pour sécuriser leurs activités, et les mettre à l’abri littéralement de certains cas d’expropriation arbitraires dont ils sont souvent victimes. «Dans le programme dont nous disposons, il est clairement inscrit que nous n’accepterons jamais de céder nos terres aux étrangers. Le domaine foncier national sera exclusivement affecté aux Sénégalais, sauf les investisseurs désirant implanter une usine ou autre entité industrielle sur nos terres», a confié Ousmane Sonko.
 
Au-delà de la forte Banque agricole qu’il promet de mettre en place et à partir de laquelle les producteurs pourront bénéficier de prêts sous caution de leurs titres fonciers, Sonko s’est pour autant porté volontaire pour développer dans la région de Kaolack un projet de lotissement pour le traitement des sols et des équipements ruraux. Et ceci, dans le but d’apporter des réponses draconiennes à la lutte contre le phénomène de la salinisation qui ne cesse de causer des dommages à plusieurs milliers d’individus au sein de leurs habitats.

Abdoulaye Fall

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