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Alliance électorale : Me Abdoulaye Wade, l’arbitre qui siffle pour lui-même

La première haie du marathon électoral vient d’être surmontée ce weekend par des sprinters épuisés, driblés, pressés et même courroucés. Des évènements inattendus avec l’immixtion de l’ancien Président de la République dans le jeu électoral ont un peu dévié les trajectoires des candidats.

Alors que la campagne electorale bat son rythme, l’invité-surprise de cette campagne, Me Abdoulaye Wade arrache son temps d’antenne en multipliant ses sorties médiatiques. Il siffle pour lui-même et saisit toutes les occasions… Celui qui était parti pour être l’arbitre du jeu électoral arrache son temps d’antenne là où les protagonistes n’ont négocié que pour obtenir 7 minutes dans le journal de la campagne de la Rts.

Wade impose son referendum en appelant à un « non » à la tenue de l’élection du 24 Février 2019. Mais à qui profitent les grimaces du vieux sage ? Le sixième candidat est à priori contre tous. Il adoube et décourage en même temps le jeune Sonko, blesse Madické Niang, égratigne Macky Sall, snobe Idrissa Seck et ignore Issa Sall. « Personne d’entre eux ne peut gagner Macky qui a tout fait pour remporter cette élection », peste Me Wade qui à partir de Dakar appelle les jeunes à la révolte. De Touba, il invite à une révolution pacifique.

Alors que Wade-père est dans ses habits de vieux « Ndiombor » soufflant le chaud et le froid, les cinq présidentiables à la quête des voix, se sont embarqués dans l’ennuyeux appareil de la séduction et de la destruction. Ils se neutralisent naturellement, se bousculant sur le chemin qui mène vers le Palais.

Les protagonistes du 24 Février vus par Me Wade

Madické Niang, son « plan B » forcé n’intéresse pas son confrère avocat Me Abdoulaye Wade malgré sa grande mobilisation à Touba, ce qui n’a plus Wade à qui il a « volé » l’épi de mil et et le jaune-bleu. Hélas il ne décolle pas toujours. Pour Wade, sur le plan politique son ancien Ministre des affaires étrangères et disciple ne pèse pas lourd devant le Président sortant. A 65 ans, le frère du patriarche tente sa première et dernière chance à la présidentielle du 24 Février 2019.

Idrissa Seck, fils du pére n’a pas encore vidé son contentieux avec l’ancien Président de la République. Ce fils spirituel fut banni au profit du frère Karim Meissa Wade. Idrissa n’est pas choisi par le Pape du sopi malgré son pacte avec Khalifa Sall et les ralliements des 14 recalés du système du parrainage dont l’ancien Premier de Macky Sall Abdou Mbaye et le parlementaire Moustapha Guirassy. L’élection du vice-doyen des candidats qui joue son ultime carte, n’arrangerait pas Wade-fils.

Macky Sall, l’autre fils banni né après l’indépendance, n’a jamais arrangé Wade qui ne lui pardonne pas l’invalidité de la candidature de son fils. Préféré à Idrissa Seck puis écarté à cause du fils biologique, Macky Sall a réussi là où Idrissa a échoué en battant le père spirituel. Wade reconnait que son ancien poulain qu’il avait sous-estimé, a bien assimilé ses leçons. Certains pensent que le vieux libéral a fait un deal avec le Président sortant qui ne lui reste qu’un quinquennat à faire à la tête de l’Etat s’il est sort vainqueur à la présidentielle.

Issa Sall : malgré son bon score aux législatives, son brillant parcours, ses programmes alléchants, Issa ne séduit pas le candidat du « non ». Les trajectoires des deux hommes ne se croisent pas, même s’ils sont tous des universitaires. L’informaticien, féru de la « marée verte », n’a pas véritablement convaincu l’avocat adepte de la « marche bleue ».

Ousmane Sonko, le petit-fils du patriarche n’avait que 26 ans lors de l’alternance de 2000. Sa virulence dans le discours fascine l’ancien Président même s’il souhaitait la fussillade à tous les anciens présidents du Sénégal. Wade a-t-il digéré ? Il dit qu’il adore Sonko, mais pour lui, ce dernier a commis une erreur politique en acceptant comme les autres candidats l'actuel code électoral. Seulement l’élection de Sonko, le cadet des candidats sera synonyme de retraite anticipée pour Wade fils et ses contemporains qui n’ont pas encore gouté les délices de la Magistrature suprême.

En effet, Sonko est le premier candidat que le Pape du Sopi a rencontré soit pour des « échanges techniques » ou justifier sa « position technique ». L’ancien Président n’a pas dit son dernier mot sur la scène politique sénégalaise.

Il  affiche pour le moment une neutralité parlante et prévoit de rencontrer les trois autres candidats…

Ibrahima Benjamin DIAGNE

Analyste-politique

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