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Percée des anti-immigration aux élections européennes: vers une barricade de l'Occident?

Les eurosceptiques et les populistes ont décroché « l’Arc de triomphe » lors des élections européennes de dimanche dernier. En France, le Rassemblement National de l’indéboulonnable Marine Le Pen est même arrivé en tête avec 23,4 % des voix devant La République en Marche du président Emmanuel Macron. Personne ne s’y attendait vraiment mais personne ne l’excluait totalement. Mais alors comment expliquer ce succès de la vague eurosceptique et populiste ? Réflexion.

-       Et l’Europe maintenant ?

Avec les résultats des dernières élections européennes, c’est une nouvelle Europe qui va naitre. Une Europe qui va tanguer au rythme des vagues populistes. Le repli identitaire, les politiques d’assimilation, la lutte farouche contre l’immigration clandestine sont autant de problématiques qui seront au cœur de la nouvelle Europe.

« Pour freiner l’effet domino, la diversité doit être le nouveau cheval de bataille des politiques, raison pour laquelle » Boubacar Seye, Président d’Horizon Sans Frontières qui interpelle l’opinion internationale sur « les risques de fracture sociale pouvant compromettre la paix et la sécurité internationales ».

Selon le chercheur en migrations, « l’absence d’offre politique nouvelle a fait de l’immigration une marchandise électorale pour gagner des élections en Europe ».

Le bâtiment Luise-Weiss de Strasbourg (France) sera animé par les discours nationalistes et eurosceptiques durant cinq (5) longues années avec, tout de même, un peu de place pour l’écologie.

Et oui ! La nouvelle Europe c’est aussi celle qui est consciente des conséquences du changement climatique sur les activités anthropiques. Les écologistes ont, en effet, obtenu 70 sièges au sein du parlement. C’est un grand pas jamais marqué par les verts. En France, ils sont devenus la troisième force politique derrière La République En Marche et Le Rassemblement National.

-       Le populisme ou la nouvelle idéologie « star » d’Europe

Depuis près d’une décennie, le champ politique européen connait une reconfiguration sans précédent tournant en faveur des partis nationalistes et populistes. L’idéologie populiste, non sans être vraiment nouvelle, est devenue la « star » de ce champ politique. Victor Orban en Hongrie, Marine Le Pen en France, Nigel Farage aux Royaume-Uni, voilà les quelques noms qui portent la vague populiste au sein du vieux continent.

La sortie du Royaume-Uni dans l’Union-Européenne (U-E) ou le Brexit a été l’événement marquant de l’ascension fulgurante du populisme en Europe au point de pousser Marine Le Pen à évoquer une sortie de la France de l’U-E qui serait le fameux Frexit. Outre-Atlantique, le succès du tonitruant homme d’affaires, Donald J. Trump, a également contribué à la « starification » d’une certaine idéologie populiste et nationaliste en poussant ainsi les frontières du politiquement correcte.

Cette suite logique et chronologique d’évènements a, sans doute aucun, beaucoup joué sur les forts excellents résultats des partis d’extrême droite. En France, le Rassemblement National de Marine Le Pen a donné un sacré coup de gifle politique à La République En Marche d’Emmanuel Macron en remportant 23,4 % des voix. Au Royaume-Uni le Parti du Brexit de Nigel Farage a obtenu 31,7 % des voix, en Italie Matteo Salvini et sa Ligue ont remporté 33,6 % des suffrages exprimés et pour couronner le tout, une écrasante victoire de Viktor Orban en Hongrie avec 56 % des voix.

L’absence d’offres politiques crédibles et d’alternatives sincères a naturellement abouti à une redistribution des cartes dans plusieurs pays européens. En France, Emmanuel Macron a pensé que les français ne porteront jamais leurs choix sur Marine Le Pen qui représente la « catastrophe » selon lui. Du coup, c’est le grand flegme politique qui a fini par battre le président Macron qui semblait, au regard de ses sous-entendus, dire : « Bien que ça ne marche pas avec moi, il n’y a qu’une seule alternative, celle du nationalisme et les français ne feront jamais un si mauvais choix.» Les résultats ont apporté une réponse claire à ces propos.

Les politiques migratoires ont été utilisées comme chevaux de bataille par les populistes a fini par payer. L’Europe, non pas institutionnelle mais sociale, dans sa globalité, se tourne de plus en plus vers un repli identitaire. Un besoin identifié et compris par les populistes qui font de la lutte contre l’ « invasion » des migrants un thème central de campagne.

Pour rappel, les eurodéputés sont élus pour un mandat de cinq (5) ans et au suffrage universel. Au cours de cette législature, ils devront voter plusieurs textes relatifs à l’intégration, à l’écologie, à l’économie, à la défense, etc. dans l’espace européen.

Alassane SAGNA

(Planète24.sn)

Last modified onlundi, 27 mai 2019 13:41